Août 2015 : L’île aux trésors
L’île de la réunion fut une île vierge repère de pirates, puis une possession de la Compagnie des Indes, une colonie, et pour finir un département français. Située dans l’océan Indien, au nord du tropique du Capricorne, à quelque 10 000 kilomètres de la métropole et seulement 800 de Madagascar et 200 de l’île Maurice, elle ne sera peuplée qu’à partir du XVIIe siècle par les Français puis les Africains, les Indiens et les Chinois.
Ce merveilleux petit département français nous dévoile les charmes de sa topographie complexe au fil d’un trek de neuf jours. Le piton des Neiges (3069 m), volcan originel de l’île, éteint il y a 20 000 ans, est situé au centre de trois cirques impressionnants (Mafate, Cilaos et Salazie), gigantesques excavations créées par des effondrements volcaniques et par une érosion intense. Le piton de la Fournaise, le volcan actif le plus surveillé du globe, en est séparé par les hautes plaines, Palmistes et Cafres. Les cirques ont été le refuge des « grands marrons », esclaves échappés des plantations au cours du XVIIIe, et des cultivateurs ruinés du littoral venus s’installer dans les hauts de l’île au milieu du XIXe.

1er jour : Paris – Saint-Denis
Vol de nuit pour Saint-Denis-de-la-Réunion.
2ème jour : Saint-Denis – Bras-Panon – Hell-Bourg (950 m) : cirque de Salazie
Arrivée au petit matin à l’aéroport de Saint-Denis. Rencontre avec notre guide Michel, et mes nouveaux camarades de trek : Karine, Jean-Luc, Annie, Arnaud, Pierre, Caro, Marie, Jean-Luc, Sophie, Marie-Odile, Françoise, Benjamin et Angélique. Petite promenade dans Saint-Denis puis transfert en bus via Saint-André, Bras-Panon avec la visite d’une coopérative de vanille et enfin Hell-Bourg. La route qui suit le littoral nord-est traverse des plantations de fruitiers, de cannes à sucre et de vanille et de multiples cascades. Hell-Bourg est dans le cirque de Salazie, dit cirque des Cascades dont le relief est totalement recouvert par une végétation luxuriante. Première nuit en gîte chez Patrick, le superbe homme réunionnais. Excellent dîner avec bien entendu du rougail (apprêt pimenté), accompagné de rhum avec en plus des chants créoles joués et chantés à la guitare par le propriétaire Patrick.
3ème jour : De Salazie au cirque de Mafate : Bord-Martin (1650 ;m)- terres d’Aurère
Préparation de notre sac pour 4 jours en autonomie. Transfert de 1h15 de route direction Bord-Martin, route de montagne autour du piton d’Anchaing, et traversant les différents hameaux du cirque, découverte de l’ensemble des îlets nichés dans le cirque de Salazie. Début du trek à Bord-Martin : le sentier descend dans une forêt de type « moyenne altitude » et offre de très belles vues sur la partie nord du cirque de Mafate et sur les îlets des terres d’Aurère. Nouvelle nuit en gîte avec encore un très bon repas : boudin au piment puis canard à la vanille. Soirée terminée en musique avec quelques pas de danse réunionnaise.
4ème jour : Cirque de Mafate : terres d’Aurère – Grand-Place – les Lataniers (600 m)
Le parcours suit le relief déchiqueté par l’érosion, enchaînant descentes et montées. Nous traversons et admirons les îlets à Bourse et Grand-Place, les seuls replats habités dans ce lieu où s’entrechoquent pics, crêtes et remparts. De Grand-Place, nous rejoignons la rivière des Galets, où commence une montée jusqu’au cœur vert de l’îlet des Lataniers. Lors du diner, le rougail était cette fois-ci vraiment très épicé : plusieurs s’y sont fait prendre et sont passés par toutes les couleurs. Il a beaucoup plu durant la nuit : le lendemain matin la salle à manger était inondée.
5ème jour : Cirque de Mafate : îlet des Lataniers – les Orangers – Roche Plate (1100 m)
Départ sous la pluie. Des Lataniers, le sentier grimpe rapidement jusqu’à l’îlet des Orangers. Tout autour, la verticalité s’impose. L’itinéraire suit les murailles du Maïdo et la crête des Orangers. Après l’ascension finale jusqu’au lieu-dit La Brèche, un panorama grandiose se déploie sur l’ensemble du cirque de Mafate. Une descente facile, sous le couvert des filaos, jusqu’à Roche Plate, termine cette magnifique étape. Soirée en gîte avec un groupe de réunionnais ; soirée pendant laquelle nous avons pas mal discuté du fessier des hommes.
6ème jour : Cirque de Mafate : Roche Plate – Trois-Roches – Marla (1650 m)
Départ sous le soleil et fin de la randonnée sous une grosse pluie. Le parcours passe au pied de l’imposante paroi du Grand Bénare (2900 m), dans un paysage tourmenté, d’où les descentes et les montées ! Le site des Trois-Roches, avec sa cascade plongeant dans une faille de 55 mètres, offre alors un accueil insolite. Nous longeons en partie le lit de la rivière des Galets, où le travail de l’érosion opère ouvertement, et le quittons définitivement pour atteindre le plateau de Marla. Au pied des plus hauts sommets de l’île, halte à Marla. Avant d’aller au gîte, nous avons passé quelques temps au bistro chez Jimmy à boire et à danser.
7ème jour : Marla – col du Taïbit (2082 m) – cirque de Cilaos (1200 m)
La montée au col du Taïbit offre une vue superbe sur la partie supérieure du cirque de Mafate. Une fois le col franchi, le cirque de Cilaos apparaît, bordé au nord par le piton des Neiges et au sud-ouest par le littoral de Saint-Pierre. Passé l’îlet des Salazes (1568 m), la descente, plus rapide, traverse une petite forêt d’eucalyptus et mène à la route d’Ilet à Cordes. Petit transfert en bus local pour rejoindre Cilaos, ville située à 1200 m, au pied du piton des Neiges. Elle signifie « le pays que l’on ne quitte plus ». Ce cirque, connu pour ses sources thermales, son artisanat, son vin et ses lentilles, nous prépare à l’ascension du sommet de l’île. Nous y restons deux nuits.
8ème jour : Cirque de Cilaos – La Chapelle
Ballade dans le cirque de Cilaos jusqu’à la cascade de la Chapelle. Pour arriver à la cascade, nous avons dû plusieurs fois déchausser, puis enlever au fur et à mesure les affaires pour traverser jusqu’à 1 m d’eau : de petits tas d’affaires étaient éparpillés sur les rochers au fil de notre avancée. Nous n’avons été que 2 courageuses à nous mettre en « dessous » et à nager pour aller voir la cascade qui se trouvait dans un coude 80 m plus loin.
9ème jour : Cilaos – refuge de la Caverne-Dufour (2500 m)
Une navette locale nous achemine au départ du sentier du piton des Neiges, sentier du Bloc. La rude montée au refuge, bordée de bois de couleurs, puis de bruyères arborescentes, débouche au sommet du rempart de Cilaos, d’où la vue porte jusqu’au volcan le piton de la Fournaise, éloigné de 40 kilomètres. De là, le refuge est à peine à cinq minutes, sur un terrain caillouteux. Nous nous trouvons juste au-dessus de la mer de nuages. Coucher avec les poules réunionnaises à 20h15 dans un dortoir de 15 personnes avec 3 étages de lits superposés… « Bonne nuit » avec des rêves remplis de ronflements.
10ème jour : Ascension du piton des Neiges (3069 m) – Bélouve (1500 m)
Lever très matinal à 4h. 600 m de montée avec les frontales et pour arriver sur le toit de l’océan Indien (3069 m) et voir le lever du soleil. Du sommet, la vue s’étend sur presque toute l’île. Après avoir regagné le refuge pour le « vrai » petit déjeuner, longue descente de 1100 m par le cap Anglais pour atteindre le plateau de Bélouve. Descente par un sentier, accidenté et plutôt très humide, qui chemine en bordure du rempart du cirque de Salazie. Sur les pentes de ce versant humide, se dresse une belle forêt tropicale.
11ème jour : Bélouve – pas de Bellecombe (gîte du Volcan)
Balade matinale au cur de la luxuriante forêt tropicale de Bélouve. Ce chaos végétal recèle un patrimoine floral unique au monde. Retour au gîte de Bélouve, puis transfert pour le site du Volcan. Nous passons dans la partie haute de la plaine des Palmistes (1100 m), plateau verdoyant et fleuri, lieu de villégiature très fréquenté à la saison chaude pour la fraîcheur de son climat, et montons jusqu’à Bourg-Murat, où s’étalent les plateaux d’élevage. Puis, par la route du Volcan, on gagne le site lunaire de la plaine des Sables, site considéré comme unique au monde par les géologues : entièrement minéral, il est recouvert de scories aux teintes chaudes et variées projetées par le piton de Chisny voilà quelque 2 000 ans.
12ème jour : Pas de Bellecombe – piton de la Fournaise (2631 m) – pas de Bellecombe
Suite aux éruptions des dernières semaines du piton de la Fournaise, nous n’avons pas pu descendre dans l’enclos Fouqué. Nous avons donc fait une longue ballade au-dessus des différents cratères. Paysages à la fois lunaires, spectaculaires et… totalement inhospitaliers ! Retour au pas de Bellecombe.
13ème jour : Le Sud sauvage
Transfert sous forme de « ballade » en bus : L’étang salé, Saint-Pierre jusqu’à Saint-Joseph au sud de l’île puis remontée vers Saint-Gilles. Installation dans un hôtel à Saint-Gilles, proche du lagon.
14ème jour : Lagon de Saint-Gilles – Saint-Denis
Ballade dans Saint-Gilles les bains sans oublier une baignade dans le seul lagon aux eaux turquoise et sans requins. Transfert pour l’aéroport Roland-Garros.
15ème jour : Paris
Arrivée au petit matin sur Paris.