Turquie

Août 2014 : Cappadoce et Taurus

Début de voyage en Cappadoce, au cœur de l’Anatolie, située sur un immense plateau de tuf volcanique, l’érosion naturelle et l’ingéniosité des hommes ont créé un décor fantastique de cônes, pics, canyons et cheminées de fée. Des civilisations troglodytiques ont percé la roche de refuges et d’habitations, de villes souterraines, d’églises richement décorées et de monastères.
Deuxième partie dans le massif des Taurus, chaîne de montagnes qui s’étend sur tout le sud de la Turquie, le long de la côte jusqu’aux frontières de l’Asie, dominant les plaines fertiles baignées de soleil. Dans cet univers minéral d’altitude, nous campons à proximité de petits lacs de montagne, nous traversons de vastes oasis de verdure ou quelques névés téméraires face à la chaleur du soleil, et croisons les nomades et leurs troupeaux.
Le voyage s’achève par une journée et demie à Istanbul, cité historique à cheval entre l’Europe et l’Asie.

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1er jour : Paris – Ankara
Vol pour Ankara avec un transfert par Istanbul. Arrivés à Ankara nous attendons nos bagages : une dizaine de valises sortent puis plus rien. Nos bagages arrivent finalement au compte goute avec les vols suivants. Mon sac de trek jaune arrive presque 3h après notre arrivée, les autres attendront encore plusieurs heures avant de les récupérer. Arrivés tard à l’hôtel, nous n’avons pas pu visiter Ankara.

2ème jour : Vallée de Zémi – Forteresse d’Ortahisar
Transfert en bus vers la Cappadoce : la route sillonne le plateau anatolien et longe les rives du gigantesque lac salé Tuz Gölü. Visite du caravansérail d’Agzikarahan (XIIe siècle), escale des marchands qui parcouraient autrefois à dos de chameau la route de la Soie. Puis arrivée au cœur de la Cappadoce et début de la marche dans la vallée de Zeminderesi (appelée aussi vallée de l’Amour), dominée par de hautes falaises de roches tendres sculptées par le ruissellement et plantée de nombreux jardins de vignes et d’abricotiers. Nous rejoignons le village d’Ortahisar, accroché à son piton rocheux. Ballade après diner dans les ruelles du village où une vieille nous a invité à venir danser chez elle tandis qu’elle jouait du tambourin.

3ème jour : Ortahisar – Vallée de Meskendir – Vallées Rouge et Rose – Çavusin
Le soleil est présent dès le matin et il fait chaud. Premiers pas dans une vallée encore secrète, la vallée de Meskendir, traversée de nombreux tunnels. Puis randonnée à Güllüdere et Kizilcukur, les mythiques vallées Rose et Rouge, aux tons de rouges éclairés de coulées blanches et ponctués de taches soufrées, au pied de l’énorme plateau de Bozdag qui domine le centre de la Cappadoce. Visite du vieux village de Çavusin en fin de journée: construit autour de deux massifs rocheux creusés d’anciennes maisons troglodytiques, c’était au Ve siècle un grand centre de pèlerinage dédié à Saint Jean-Baptiste. Fin de journée au Hammam avec massage à la turque : le bonheur.

4ème jour : Çavusin – Plateau du Bozdag – Cheminées de Pasabag – Avanos – Çavusin
Réveil à 5h40 avec l’appel de la première prière, et difficile de se rendormir ensuite. Etape sur un sentier en balcon qui fait le tour du plateau du Bozdag et conduit au sommet de celui-ci. Splendide vue panoramique sur toute la Cappadoce. Redescente par la vallée de Zelve jusqu’aux cheminées de fées de Pasabag (les « vignes du maître »). Sur le chemin, nombreux reliefs d’érosion, pénitents, meringues, des formations variées et colorées, blanc, ocre, rose… Diner dans un grand restaurant où une partie était privatisée pour un mariage : nous avons esquissé quelques pas de danse.

5ème jour : Çavusin – Vallée Blanche – UÇhisar – Vallée des Pigeonniers – Derinkuyu – Camp Atasan
Réveil à 6h pour aller voir les montgolfières en apesanteur au-dessus de la Cappadoce. Randonnée dans la vaste vallée Blanche (Akvadi), dominée d’élégantes cheminées de fée. Le chemin suit un ravin étroit, avec des jardins fruitiers, des vignes et de prodigieuses cheminées dont la forme phallique a contribué au surnom de la “vallée de l’Amour”. Visite d’une fabrique de tapis où les vendeurs ont par tous les moyens essayé de nous en vendre : du vrai marchandage de tapis. Départ en bus vers les Taurus. Nous nous arrêtons en chemin pour visiter la ville souterraine de Derinkuyu, avec ses huit étages et ses 55 mètres de galeries creusées dans le sol afin de protéger les populations des envahisseurs. Arrivée dans les Taurus, et première nuit sous tente avec un début de tourista : les toilettes où l’on peut s’assoir m’ont ici réellement manqué.

6ème jour : Camp Atasan – Village d’Elekgolu – Gorge de Kazikli – Emli (1800 m)
Journée difficile pour moi, tellement mes intestins se sont rebellés durant la nuit. Il fait toujours aussi chaud même en altitude. Première découverte du parc national d’Ala Daglar, avec ses montagnes abruptes et ses cascades. La randonnée se poursuit vers la gorge de Kazikl pour finalement sortir peu à peu de l’univers minéral de cette gorge sauvage des Taurus. Quelques mots appris par notre Quebécois du groupe : « Mon chum » = mon copain / fiancé – « Ma blonde » = ma copine / fiancée.

7ème jour : Emli – Plateau d’Alaca (2450 m) – Emli
Traversée de l’étage forestier : thuyas, genévriers et sapins. Longue remontée d’un vallon dominé par de beaux cirques d’origine glaciaire et qui devient de plus en plus minéral. Arrivée au plateau d’Alaca, où les nomades passent l’été avec leurs troupeaux de moutons. En chemin, vues sur les grands sommets du massif, puis redescente jusqu’au campement de la veille.

8ème jour : Vallée d’Emli (1800 m) – Plateau d’Eznevit – Sokullupinar (2100 m)
Randonnée dans la vallée d’Emli, à travers une forêt de résineux couronnée par des cimes. Arrivée sur le plateau d’Eznevit, pique-nique près de la source froide (2530 m) où des bergers sont installés pour l’été. Poursuite par un sentier en balcon qui longe le mont Karasay, puis passage au pied des demoiselles coiffées de Gelincik Kayalari, roches dressées telles des cheminées. La légende veut que, lors d’un mariage arrangé, Dieu ait transformé en pierres tous les invités de la noce, afin de sauver la mariée de cette union qu’elle refusait. Descente au campement de Sokullupinar (2100 m), situé au pied d’un des principaux sommets des Taurus, le Demirkazik.

9ème jour : Yedigöller : les Sept Lacs – Col de Celik Buyduran – Mont Emler (3723 m) – Camp de Yedigöller (3100 m)
C’est notre grande journée de marche avec notamment 1600 m de dénivelé en montée. Réveil à 5h. Départ vers le col de Celik Buyduran (3450 m) surplombant le plateau des Sept Lacs, perché à 3100 m. Nous apercevons encore quelques névés coincés dans la montagne à l’abri du soleil. Montée jusqu’au Mont Emler (3723 m), troisième sommet de la chaîne des Taurus et terrain privilégié des bouquetins (que nous n’avons pas vu : ils doivent courir plus vite que nous). Au sommet, j’ai voulu faire le « cake » : résultat belle glissade de quelques mètres, pantalon abimé et surtout élongation au pouce. Le sommet nous offre une vue superbe sur l’ensemble du massif de l’Alaca et des Bolkar, avec au loin les volcans Hasan (3268 m) et Argée (3916 m). Descente à travers ces fabuleux paysages de montagne jusqu’au campement de Yedigöller (3100 m). Fin de journée dans le lac à côté du campement où nous avons été quelques courageux à nous baigner : l’eau devait être à 15 degrés.

10ème jour : Camp de Yedigöller – Col de Teke Pinari – Lac de Karagol – Camp de Çömce Göl
Randonnée vers le col de Teke Pinari (3450 m) avec une montée bien raide, puis descente au cœur d’une vallée. Arrivée par un canyon au magnifique lac d’altitude de Karagol (2850 m). Splendides panoramas à 360 degrés tout au long de la randonnée. Pique-nique dans un vallon dominé par de beaux cirques d’origine glaciaire, qui peu à peu devient plus minéral. Descente jusqu’au campement de Çömce Göl (2550 m). C’est notre dernière nuit sous tente.

11ème jour : Camp de Çömce Göl – Vallée de Maden – Village de Cukurbag
Grasse matinée jusqu’à 8h. Descente jusqu’au cœur de la vallée de Maden, jusqu’au village de Cukurbag. Balade digestive l’après-midi dans les gorges d’une rivière à sec.

12ème jour : Village de Cukurbag – Vol Adana (Kayseri) – Istanbul
Lever à 4h30 pour 2h de route vers l’aéroport d’Adana pour prendre notre vol en fin de matinée. A l’aéroport d’Istanbul, nouveau problème de bagages qui sont arrivés avec beaucoup de retard. Puis de nouveau 2h de route dans les bouchons pour arriver à l’hôtel dans la vieille ville pas très loin de l’université. A Istanbul il fait très chaud. Premier Kebab d’Istanbul. Nous sommes ensuite allés à pied de l’hôtel vers le quartier Sultanahmet et Aya Sofia. Visite de la basilique Sainte-Sophie et de la Mosquée Bleue. Fin de journée le long du front de mer puis diner en terrasse avec une bonne bière fraiche.

13ème jour : Istanbul
Visite du Palais de Topkapi et surtout du Harem attenant. J’ai vraiment adoré le Harem avec ses somptueuses faïences murales : une splendeur. Ballade dans le Grand Bazar dans un dédale de ruelles avec 4000 boutiques où j’ai réussi à me faire vendre un foulard. Par contre, portes closes devant le musée de la Calligraphie et celui des Arts turcs et islamiques que je comptais visiter. Pour notre dernier soir nous avions réservé dans un restaurant au dernier étage avec une vue splendide sur le pont de Galata.

14ème jour : Istanbul – Paris
Dernière visite le matin : Grand Bazar, La petite Sainte-Sophie et coin des pêcheurs. Puis l’aéroport et retour sur Paris sous le soleil mais avec des degrés en moins.